Mon Cybercarnet – Laurier

Carnet-tisse.

Une entreprise qui, par le biais de carnets papier et d’ateliers, offre un service d’accompagnement aux personnes qui désirent faire une réflexion personnelle sur divers évènements marquants de leur vie. Par l’élaboration de carnets, elles peuvent parcourir, par exemple, les diverses étapes du deuil d’un animal de compagnie, du deuil d’un enfant, d’un parent… mais ces carnets s’adressent également à celles et ceux qui désirent entreprendre une démarche de réflexion sur divers aspects de leur vie….

Le blogue que j’animerai sera en lien souple avec les activités de création proposées par Carnet-tisse. Je tenterai d’y proposer quelques pistes de réflexions qui pourraient accompagner vos démarches. Poèmes et extraits de poèmes, extraits d’essai ou de romans susceptibles de susciter une réflexion de votre part, susceptibles de vous toucher.

Un blogue comme passerelle je dirais. Où nous rejoindre. Une passerelle comme une main tendue. Un pont par où circule la Vie. Tout texte ou extrait de texte que je vous soumettrai sera un reflet de mes goûts, de mes préoccupations, de ce qui me touche. Un reflet de ce qui me parle, me fournit matière à réflexion. Et vous pourrez emprunter la passerelle suggérée pour y laisser vos traces sous forme de réflexions et de commentaires.

Un blogue. Ou, terme que j’aime beaucoup, un cybercarnet. Un bloc-notes. Des petits billets qui traduiront mon humeur du moment. Un peu — et cela est dit sans prétention aucune — comme les Papiers collés du poète Georges Perros. M’aligner sur les contenus de Carnet-tisse, mais aussi, de manière plus générale, sur « le temps qu’il fait sur mon pays » celui qu’a chanté monsieur Vigneault. Quelque chose comme un journal intime ou plutôt un journal extime ainsi que ces publications sur la Toile ont été nommées par l’écrivain Michel Tournier. Un journal intime public en quelque sorte.

Les premiers mots de ce cybercarnet sont un extrait d’un poème de monsieur Guillevic (né à Carnac en 1907— mort à Paris en 1997). Les mots du poète breton me suivent depuis des décennies. À travers ses divers recueils, j’ai trouvé de quoi nourrir mon âme. Et j’ai peut-être un peu appris à « regarder » au lieu de seulement voir.

Regarder (extraits)

Avant de regarder
Par la fenêtre ouverte,
Je ne sais pas
Ce que ce sera.
2
Ce n’est pas
Que ce soit la première fois.
Depuis des années
Je recommence
Au même endroit
Par la même fenêtre.
3
Pourtant je ne sais pas
Ce que mon regard, ce soir,
Va choisir dans cette masse de choses
Qui est là,
Dehors.
Ce qu’il va retenir
Pour son bien-être.
4
Il peut aller loin.
Peu de couleurs.
Peu de courbes.
Beaucoup de lignes.
Des formes,
Accumulées
Par des générations.
5
Je laisse à mon regard
Beaucoup de temps,
Tout le temps qu’il faut.
Je ne le dirige pas.
Pas exprès.
6
J’espère que ce soir
Il va trouver de quoi :
Par exemple
Un toit, du ciel.
Et que je vais pouvoir
Agréer ce qu’il a choisi,
L’accueillir en moi,
Le garder longtemps.
Pour la gloire
De la journée.

Eugène Guillevic, Étier, poèmes 1965-1975, Paris, Éditions Gallimard, 1979.